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    Dancer upstairs (The Dancer upstairs)
    USA | 2002| 2h15
    Réalisation : John Malkovich
    Avec : Javier Bardem, Juan Diego Botto, Laura Morante, Alexandra Lencastre, Elvira Minguez
    Version originale (anglais) sous-titrée en français
      Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
      cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
      rubrique 'INFORMATIONS'
    Dans ce pays d'Amérique Latine gangrené par un puissant mouvement terroriste, Agustin Rejas, un policier idéaliste ancien avocat, tente de capturer Ezekiel, l'énigmatique chef de la guérilla. Leader d'une sanglante révolution qui menace de renverser le pouvoir en place, l'insaisissable Ezekiel a recours à des méthodes tout aussi radicales que les militaires qui le traquent en vain depuis des années.
    Reja croit échapper à la tourmente dans les bras de la belle Yolanda, professeur de danse de sa fille, mais les apparences s'avèrent trompeuses...


    L'avis de la Presse
    par

    Monsieur Cinéma - Camille Brun Alors, on pourrait pinailler sur la mise en scène basique, sur les quelques invraisemblances qui permettent aux enquêteurs de finir leur travail... Mais Malkovich sait raconter une histoire, et DANCER UPSTAIRS se regarde avec grand plaisir. Aucune raison donc de se priver. Studio - Michel Rebichon Coup de maître pour Malkovich réalisateur. Javier Bardem génial ! Le Point - François-Guillaume Lorrain Chronique éthérée de ballerines ? Nullement : un thriller politique, étouffant, rude et émouvant. Première - Olivier De Bruyn En tant qu'acteur, Malkovich excelle depuis des lustres dans le registre de l'indécision et du trouble. En tant que réalisateur, John confirme qu'il est un monsieur bien mystérieux.

    http://www.allocine.fr/film/critique_gen_cfilm=29297&affpub=0.html

    Allociné
    La critique de Telerama
    par Pierre Murat

    Le premier film, insolite et troublant, de John Malkovich. Très jolie surprise que ce premier film réalisé par le comédien John Malkovich, d'après Shakespeare. Pas William, mais un certain Nicholas qui a imaginé, dans un pays d'Amérique du Sud, non identifié et donc universel, un président qui gouverne, invisible, entouré de fonctionnaires aussi fourbes et apeurés que lui. Dans ce pays, les bombes sautent de plus en plus souvent, posées par les partisans d'un terroriste qui se fait appeler Ezechiel. Comme le prophète que ses disciples voient en lui. Certains l'imaginent réfugié au coeur des plaines, d'autres au plus haut des montagnes. La légende veut qu'il se cache dans le moindre tic-tac d'une horloge, dans la moindre brise des arbres... Est-ce le chantre de la révolution triomphante ou un simple aventurier avide de sang, ce fantôme insaisissable, qui, en un défi supplémentaire, ponctue chaque attentat par un feu d'artifice ? C'est cet homme invisible et omniprésent qu'est chargé de traquer Agustin Rejas. Ce flic est un idéaliste. La preuve, c'est qu'il ne voulait pas être flic. Reprendre la plantation de caféiers de son père était son rêve. Mais comment diriger une exploitation réquisitionnée par l'Etat ? Rejas est devenu flic pour tenter d'apporter un souffle de justice à son pays asphyxié. Ce policier lucide mais jamais résigné est l'attrait majeur du film. L'acteur espagnol Javier Bardem, connu, il y a peu, pour interpréter les hommes objets sexuels (de Jambon, jambon à Entre les jambes...), l'incarne avec la force tranquille qu'on prêtait jadis aux grands « privés » hollywoodiens. Aucun romantisme dans sa démarche : Rejas a connu Ezechiel quand il n'était pas encore prophète mais simple professeur de philo. Et il sait que sa folie ne vaut pas mieux que celle des gouvernants qui veulent sa peau. En une scène apparemment anodine se dévoile la morale de Dancer upstairs. Dans un café, Agustin Rejas joue à deviner l'identité des gens dont la photo orne les murs. Ce type est-il avocat ou ouvrier ? Cet autre est-il juge ou meurtrier ? Le policier tombe juste une fois, mais se trompe ensuite. On se plante une fois sur deux sur les gens, semble suggérer John Malkovich. Mais ne pas miser sur les gens est impossible, et tant pis si l'on perd. Et se perd... C'est un film insolite, où règne une inquiétude diffuse. Pas totalement maîtrisé, mais constamment troublant, il paraît reposer sur le télescopage audacieux d'une actualité brûlante - le terrorisme - et d'un romanesque presque désuet - l'histoire d'amour entre le flic et la prof de danse. Mais la fatalité finit par tout nouer, comme dans les meilleurs romans de John le Carré, dans l'absurde et la dérision. Pierre Murat Télérama n° 2764 - 4 janvier 2003

    http://cinema.telerama.fr/edito.asp?art_airs=MAF2104208&vrub=2&vpage=a_la_une&vsrub=1

    Télérama
    Interview de John Malkovitch
    par Jean Claude Loiseau

    Cérébral, bizarre, ambigu... Les clichés font sourire l'acteur. Qui se dit "calme et serein" derrière la caméra. Un job de plus, exercé en dilettante mais avec style. Deux cents dollars pour être, l'espace de quinze minutes, John Malkovich. Ce n'était pas bon marché, mais, à en juger par la béatitude des clients au retour, le jeu en valait vraiment la chandelle. Entrer dans sa tête (rasée pour l'occasion) afin de redécouvrir le monde avec ses yeux, c'était l'idée folle et brillante d'un film devenu instantanément cultissime, Dans la peau de John Malkovich, qui a confirmé que l'acteur était bien dans une autre dimension. Quel autre comédien de cette magnitude aurait été assez déconnecté de lui-même - ou, inversement, narcissique au stade terminal - pour accepter de pousser aussi loin l'autodérision ? John Malkovich sourit, de ce sourire esquissé qui est un effet spécial en soi, et c'est comme si, d'emblée, il se mettait en conformité avec l'image qu'on attend de lui. Pourtant elle a pas mal bougé, l'image, depuis deux ans. Un autre Malkovich a pris les commandes de son parcours. Au théâtre, il vient de mettre en scène à Paris - et en français - Hysteria, la rencontre improbable de Freud et de Dalí. Et cette semaine sort son premier long métrage comme réalisateur, Dancer upstairs. Un film où l'on retrouve certaines des qualités qu'on prête à l'homme : des audaces calculées, une souplesse tranchante. On y voit, transposée, l'histoire de la traque d'Abimael Guzman, le leader péruvien du Sentier lumineux qui fut capturé en 1992, mais la vérité historique pèse moins, ici, que le portrait du policier qui mène l'enquête. Un decent man, un homme bien, dit Malkovich. Dans Dancer upstairs, il y a mieux que du savoir-faire, un style aussi irréductible aux clichés du film de genre (film politique, film d'action, polar...) que son auteur l'est lui-même aux idées toutes faites qui courent sur son compte... Il explique dans un français minutieux pourquoi il n'avait pas envie de faire le film attendu sur un tel sujet : « Le monde n'est pas en noir et blanc, il est gris, et c'est cela qui m'intéresse. L'idéologie m'ennuie terriblement. Elle n'a jamais résolu aucun problème au cours de l'Histoire. » Echo direct à ce qu'il déclarait à propos d'Hysteria : « Freud est tout le contraire des religions, des idéologies. Il exprime ce que nous sommes, complexes, profonds, mystérieux. » Ecouter John Malkovich... Il murmure des réponses dont il a l'air de prendre tout juste conscience. Même ses silences évoquent une réflexion en suspension que le regard, fixe et fureteur tour à tour, semble chercher à canaliser. John Malkovich ne se confie pas, il peaufine un autoportrait qui débouchera immanquablement sur l'ambiguïté. Le mot est lâché. Bernardo Bertolucci, qui a dirigé Malkovich dans Un thé au Sahara, a vu en lui la solidité d'un joueur de foot yougoslave alliée à la légèreté d'une ballerine... Et puis cette image construite à partir du Valmont des Liaisons dangereuses (1988), l'un des quarante et quelque personnages qu'il a incarnés au cinéma, mais qui aujourd'hui tend à les annuler tous. Donc, Malkovich serait toujours Valmont, ce mélange de détachement, de perversité, de cynisme, d'intelligence, de cruauté ­ et de quoi encore ? Il sourit. Pour l'heure, on comprend qu'il jugerait vulgaire de manifester l'exaltation standard de l'acteur-qui-passe-enfin-derrière-la-caméra. La réalisation, suggère-t-il, ce n'est qu'un job de plus. Qu'il savait pouvoir faire. Qu'il a exercé en toute sérénité. « Sur le plateau, je suis calme. Je ne me perds pas en discussions. Il faut parler aux acteurs, les mettre en confiance, créer un climat où ils se sentent profondément protégés, mais surtout pas les diriger. Diriger, c'est risquer de ruiner la spontanéité, la fraîcheur, la vivacité. » En parlant des autres, il effleure sa propre vision de l'acteur, et affiche une assurance qui dément toute possibilité de le prendre en défaut. « J'ai vu des acteurs ruinés par l'angoisse, mais moi, ça va, je sais me protéger... » D'une voix rêveuse que ne trouble jamais le moindre remous, il énonce une espèce de règle de vie (professionnelle) : « Je n'entre presque jamais dans les conflits. » Curieusement, on retient alors la menace que pourrait receler ce « presque »... Ce calme sans faille, il l'affiche comme un démenti à la violence éruptive dont ses souvenirs d'enfance sont tissés et celle encore qui sera sa marque quand il débutera au théâtre. A 22 ans, ce natif du Middle West, grandi à Benton, Illinois, crée avec une demi-douzaine d'autres comédiens débutants le Chicago's Steppenwolf Theatre. Au sein de cette troupe aux allures de commando, il allait de soi que Malkovich serait « le bizarre, l'original, le déjanté » (1). C'est à la suite d'une mémorable ­ et explosive ­ interprétation de L'Ouest, le vrai, de Sam Shepard, à New York, qu'il est lancé pour de bon. Aujourd'hui encore, son viatique inaliénable, c'est la cinquantaine de pièces qu'il a jouées et souvent mises en scène aux Etats-Unis. L'expérience acquise tient en une phrase laconique : « Je connais pas mal mon métier. » Comme il énoncera, quelques minutes plus tard, une tranquille certitude : « Je n'ai jamais douté que j'étais capable de réaliser un film. » Il y a près de vingt ans, il devait déjà mettre en scène Le Talentueux Monsieur Ripley (René Clément avait tiré Plein Soleil du même livre de Patricia Highsmith). Puis un autre projet a capoté parce que Holly Hunter a déclaré forfait dix jours avant le début du tournage, et que Malkovich n'a trouvé aucune autre actrice qui « mérite le rôle ». Les regrets, cependant, il a le chic pour les balayer d'un geste de la main. Il se plaît en dilettante. « Je suis comme ces musiciens qui peuvent jouer, pas trop mal, de différents instruments. Je ne suis pas assez obsessionnel pour être un virtuose, et me soumettre à la discipline que cela exige. » Le modèle, ce serait Mastroianni, qui a su, comme personne, vanter les charmes de la vie de comédien. « On fait notre petite investigation sur la condition humaine pour préparer les rôles, dit Malkovich, on est traité comme des aristos, parfois même on nous dit qu'on nous aime. Il n'y a pas de quoi se plaindre. » Entre l'emploi de « tordu » à vie, qui lui semblait promis à Hollywood, et une réputation d'acteur cérébral décrochée chez Manoel de Oliveira ou Raul Ruiz, John Malkovich, qui vit désormais dans le Midi de la France, s'est bien baladé, transportant, d'un rôle à l'autre, ce charisme très contrôlé qui suffit souvent à « flouter » les perspectives d'une scène. Il expérimente, s'amuse à glisser des trouvailles de son cru. Avec ce risque que, dans les films les plus ordinaires - il en a quelques-uns à son actif - la composition devienne pur exercice de style... Mêler l'attention et la désinvolture avec le plus parfait naturel afin de mieux brouiller les pistes : Malkovich prend un plaisir visible à se faufiler entre les définitions. « C'est bizarre... Je suis conscient de ce qu'on dit de moi, je connais cet individu sérieux et un peu louche qui aurait des choses à cacher. Je me vois plutôt comme une espèce de singe un peu infantile... J'ai fait plusieurs films avec Gérard [Depardieu], on passait les journées par terre, morts de rire, moi, le singe, et lui, le gorille. » Dandysme ? Il y a un soupçon de pose peut-être quand il se prétend « ignorant » ou « paresseux ». Quand il constate, perplexe : « J'ai 49 ans, et je n'ai rien fait. » Mais il n'y a pas plus d'affectation dans son élégance raffinée (ah !, cette mallette en croco blanc...) que dans la distance qu'il veut mettre entre lui et les réussites phares d'une carrière d'exception. « Je suis instinctif, mais aussi quelqu'un de... réflectif (sic), de contemplatif depuis toujours. Je m'efforce de garder du recul. C'est très important, le recul. Comme l'humour. » Les furtives touches d'humour dans Dancing upstairs « sont toutes de John », confirme l'auteur du roman et scénariste, Nicholas Shakespeare. Une dérision sous-jacente qui colore d'absurde la tragédie en marche. « Je ne crois pas du tout que les choses peuvent aller de mieux en mieux, remarque Malkovich. C'est la vie qui nous dicte de la prendre avec un minimum de dérision. » Tout compte fait, on paierait volontiers deux cents dollars pour passer ne serait-ce qu'un moment dans la tête de John Malkovich... Jean-Claude Loiseau

    http://cinema.telerama.fr/edito.asp?art_airs=MAF2104204&srub=1

    Télérama
    From London ....
    par sélectionné par Christophe Dupin, notre envoyé spécial

    Based on Nicholas Shakespeare's novel about the Peruvian police hunt for The Shining Path guerrillas, Malkovich's directorial début glosses the historical specifics in favour of more idiosyncratic, personal focus. Bardem is Agustin Rejas, the man charged with tracking down Ezequiel, the elusive mastermind behind the terrorist insurgency. The case drags on for months; as the revolutionary terror heats up, so the cops' civil authority is superseded by a military crackdown. Rejas keeps striving to stop the killing, even if he's sensitive to the social injustice which fuels the guerillas. The film is good on operational process, but Malkovich is as much concerned with soul-searching as attributing guilt. Ambitious and engrossing, overlong and sometimes muddled: like its hero, the movie's flaws are bound up in its virtues.

    TimeOut
    5 salles classées
    Art & Essai
    Europa Cinéma
    Label Recherche
    Label Découverte

    p.ortega@cinemaleclub.com


    Tarifs
    Tarif normal: 7,80 €
    Tarif réduit: 6,80 €
    Abonnements
    6 places : 36€
    12 places : 63€
    Tarif - 14ans : 4,50€