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UZUMAKI
Japon | 2003| 1h30
Réalisation : Higunchinsky
Avec :
Version originale (japonais) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Dans un petit village japonais, une jeune lycéenne assiste impuissante à la folie générale qui s’empare peu à peu de sa contrée : ne concernant d’abord qu’un seul homme, c’est bientôt toute la ville qui est saisie d’une fascination morbide pour le motif de la spirale. Cette obsession se traduire finalement par la transformation des habitants en escargots géants.

La critique de Objectif Cinéma
par Yves GAILLARD

Nouvel exemple du renouveau du genre fantastique au Japon, Uzumaki est, comme Ring, l’adaptation cinématographique d’un succès de librairie, en l’occurrence le manga du même nom crée par Junji Itto. Mais, premier film d’un cinéaste plus connu pour son travail d’artiste vidéo, Uzumaki se démarque du Kaidan Eiga brillamment remis au goût du jour par Hideo Nakata, pour n’en conserver que quelques composantes, au premier lieu desquelles figure l’inscription du film dans un contexte à mi-chemin du film adolescent et d'une trame horrifique traditionnelle (en l’occurrence ici le récit de " Body Snatcher "). En s’offrant comme un récit d’apprentissage, Uzumaki apparaît dès lors comme plus " classique " que les machineries de Nakata, aussi précises dans la construction de l’angoisse que, somme toute, vides de tout discours. Ainsi l’intérêt premier de Uzumaki réside dans le refus d’une esthétique fantastique de la suggestion, au profit d’une extrême littéralité de ses images horrifiques. En reproduisant quasi telles quelles les images, aussi entêtantes qu’horribles, imaginées par Itto, Higunchinski renoue avec un art du grotesque qui renvoie aux classiques du genre, des films de Nobuo Nakagawa aux monstres rigolos issus du bestiaire japonais mis en scène dans les Youkai Eiga des années 50. Travaillant ses images dans une quasi-monochromie d’où se détachent violemment les flamboyances colorées des diverses mutilations et meurtres, le film élabore une forme volontiers surannée, parvenant à mêler volonté d’hommage à un cinéma aujourd’hui disparu, à une certaine inventivité dans le recours à des régimes d’images variées, de la vidéo amateur au cartoon le plus outré. Cependant, pour qui connaît le travail profondément graphique du mangaka Itto, qui tire une grande part de sa force expressive de la maîtrise des subtilités du travail à l’encre, une adaptation cinéma de son œuvre-maitresse semblait impossible. D’autant que la construction " en spirale " du manga, dont le récit semble se déployer autour de ses images puissantes, composant un catalogue de variations morbides sur le motif de la torsion, constitue un véritable piège pour le cinéaste sans imagination, en en appelant à la transposition servile. Conçu dans une optique réflexive, le film choisit de travailler son origine en multipliant les opérations de mise à distance, avec la volonté ambitieuse et affichée de faire le tour de la question de la transmutation du plomb (un manga) en or (une œuvre filmique) en mélangeant des codes rhétoriques et plastiques issues du romanesque, du cartoon et du manga. Comme souvent dans une telle tentative où les échecs sont légion (n’est pas Bava qui veut), le film souffre beaucoup de son hétérogénéité formelle, hésitant sans cesse entre un formalisme " pop " et distancié assez agaçant, et une certaine inventivité déjà signalée dans le maillage entre une horreur " classiquement " grotesque et bariolée et des motifs contemporains ; notamment l’emploi toujours efficace - jusqu’à quand ? - de l’image vidéo comme instrument d’inquiétante étrangeté. L’incohérence formelle confine cependant à la maladresse impardonnable lorsque la défiguration opère sans réelle justification, convoquant soudain les dérives du recours au numérique, quelque part entre le hideux Qui veut la peau de Roger Rabbit et les déformations atterrantes prodiguées à la louche par un Jean-Marie Poiré. Au final, l’opération peut-être la plus fascinante dans Uzumaki est le travail quasi expressionniste porté sur le jeu des acteurs : les gestes sont hachés, les expressions forcées jusqu’à atteindre les stylisations grimaçantes à l’œuvre dans les codes du manga. Ceci vaut principalement pour le personnage de la jeune héroïne, seul être " normal " de cette communauté gagnée par la folie, et paradoxalement rendue plus inquiétante par l’absence totale de spontanéité dans son jeu. La transposition audacieuse des personnages, comme manufacturés, du manga rend d’autant plus frappante la défiguration qu’ils subissent, confrontant intelligemment le régime formel de la fixité et de la torsion. De là à parler de baroque…

objectif-cinema.com
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€