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Pollock
USA | 2003|
Réalisation : Ed Harris
Avec : Ed Harris, Robert Knott, Marcia Gay Harden, Matthew Sussman, Bud Cort
Version originale (anglais) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
La vie de l'artiste new-yorkais d'après-guerre Jackson Pollock qui s'est fait connaître du grand public par sa peinture abstraite.

Inreview de ed Harris pour Telerama
par Frédéric Strauss

La vie du peintre new-yorkais par Ed Harris "Pollock n'avait aucune limite" On l'avait aimé en poète maudit dans The Hours. L'acteur Ed Harris a réalisé une bio de Jackson Pollock dans laquelle il interprète lui-même l'artiste charismatique et torturé avec qui il a tant d'affinités. L'acteur le plus émouvant du cinéma américain, c'est lui, et depuis longtemps. Etait-ce dans L'Etoffe des héros (1983) qu'il nous faisait pleurer ? On se souvient en tout cas de ses larmes dans Abyss (1989), où il jouait aussi les aventuriers tout en sensibilité. Cette année, dans le rôle d'un poète mourant, il marquait de sa classe la partie la plus mélodramatique de The Hours. Le meilleur d'Ed Harris restait cependant à venir : pour ses débuts à la mise en scène, l'acteur a choisi d'interpréter un artiste tourmenté, bagarreur mais écorché vif, le peintre Jackson Pollock. Un grand rôle, et un beau film. Ed Harris voulait depuis plus de quinze ans porter cette vie à l'écran. « Pollock était devenu mon obsession », dit-il. A l'écouter, on comprend pourquoi. Télérama : Qu'est-ce qui vous a d'abord intéressé en Pollock, l'homme ou l'artiste ? Ed Harris : Au départ, c'était surtout l'homme, ou plus exactement le combat de cet homme pour devenir un être humain. La peinture a évidemment eu un rôle décisif dans ce combat, et j'ai été très rapidement amené à m'intéresser à l'artiste. Je me souviens bien de mes visites au Museum of Modern Art (MoMA), à New York, où l'on peut voir quelques-uns de ses plus grands tableaux. Au début, ils ne trouvaient que peu de résonance en moi. Mais plus je lisais des choses sur lui, plus je comprenais le sens de ce qu'il avait créé, d'où cela lui était venu. En fait, je suis devenu un véritable fan. Télérama : Il a quelque chose d'une star, dans votre film en tout cas : séduisant, doué mais autodestructeur, c'est un mythe en puissance... Ed Harris : Pollock était de cette trempe-là. Il a porté des jeans et des tee-shirts avant Marlon Brando et James Dean. Il a été le premier artiste américain médiatisé, et il est devenu un personnage public, avec une image de créateur à la fois moderne et romantique. C'était un homme très séduisant. Bien sûr, il y avait chez lui un art de la manipulation, et il savait charmer ceux qu'il fallait dans le monde de l'art. Mais il a laissé une empreinte forte dans le coeur de ceux qui l'ont connu. Et sa légende a grandi avec le temps. Télérama : Fascine-t-il encore aujourd'hui comme à la fin des années 40, au temps de sa célébrité ? Ed Harris : Il est toujours très connu, très aimé. La grande rétrospective que lui a consacrée il y a quelques années le Museum of Modern Art, et qui a ensuite été montrée à Londres, a eu un succès incroyable. On connaît surtout les tableaux réalisés pendant les quatre dernières années de sa vie de peintre, mais il a travaillé pendant vingt ans et laissé aussi de très belles oeuvres de jeunesse, précédant la période de la peinture en projections (dripping paintings). Pollock reste un pionnier de l'art moderne pour beaucoup de gens, mais cela dit aucun studio n'a voulu financer mon film. L'argent a été réuni par Peter Brant, un collectionneur de peintures, qui avait produit le film sur Jean-Michel Basquiat réalisé par Julian Schnabel (1). Télérama : Vous vous êtes identifié à Pollock ? Ed Harris : Bien sûr ! Je n'aurais pas passé tant de temps à travailler sur le sujet si je ne m'étais pas identifié à lui. Ce type ne pouvait pas s'adapter au monde, c'est la première chose. L'existence même était une épreuve pour lui. Il était très timide, pas du tout sociable, il avait la maturité d'un adolescent et un grave problème d'alcoolisme. En tant que peintre, il trouvait sa place, il prouvait qu'il était capable de quelque chose, et ce sentiment le consolait. Je comprends cela, car à mes débuts mon métier représentait la même chose pour moi : mon identité en dépendait. Je n'étais pas le plus sociable des hommes moi non plus, et je buvais aussi. Pas autant que Pollock, mais je trouvais comme lui dans l'alcool un refuge contre les autres et le monde. Mais nous avons tous des limites ; Pollock, lui, n'en avait aucune. C'est ce qui a rendu sa vie si douloureuse, et son art si extrême. Télérama : Dans la biographie qui a nourri le scénario de votre film (2), Jackson Pollock apparaît encore plus torturé par toutes sortes de démons. Vous teniez à préserver une certaine pudeur dans ce portrait ? Ed Harris : Je ne pense pas que j'aurais pu en rajouter beaucoup dans le noir : à la fin du film, Pollock est gonflé par l'alcool, il est cruel, il hurle, il est seul, il souffre, il pleure, il est misérable. On aurait pu faire un film de quatre heures avec les anecdotes de sa vie d'alcoolique, avec tout ce qui l'a anéanti. Mais cet homme a accompli quelque chose, et c'était important pour moi de montrer ça aussi, les moments de sa vie où il a su tenir debout, le triomphe de l'art. Ce qui l'a mis dans la lumière, c'est d'avoir été un peintre révolutionnaire. Je pense que j'ai fait de lui un portrait honnête, mais évidemment subjectif. S'il n'avait pas tué Edith Metzger dans l'accident de voiture où il a lui-même trouvé la mort, la tragédie n'aurait pas été totale. C'est la part funeste de son destin : la mort de cette fille qui ne voulait absolument pas monter dans la voiture de Pollock, et qui y a été obligée par lui. Télérama : On a le sentiment d'une vraie communauté entre les acteurs. Pollock est un film « de famille » ? Ed Harris : J'ai ressenti ça pendant le tournage, et ça me rendait heureux, car la vie de Pollock est aussi une histoire de famille. J'avais déjà travaillé avec plusieurs comédiens du film, à commencer bien sûr par ma femme, Amy Madigan, qui joue Peggy Guggenheim. Avec Marcia Gay Harden, qui interprète la femme de Pollock, j'avais joué une pièce de Sam Shepard. Le tournage de Pollock a été très heureux, mais très difficile aussi. Personne n'était vraiment payé et on faisait des journées très longues. L'équipe était soudée, elle comprenait l'enjeu que représentait ce film pour moi après toutes ces années. Télérama : Cette longue entreprise a été récompensée ? Ed Harris : J'ai fait ce que je voulais faire, sans qu'aucun directeur de studio vienne me dire avec qui travailler et comment. C'est ma première satisfaction, quoi qu'on pense du film. Mais j'ai été heureux de voir que les critiques américains le recevaient favorablement. Bien entendu, Pollock n'a pas été distribué dans des centaines de salles, mais il s'est plutôt bien défendu dans un circuit plus modeste. Marcia Gay Harden a reçu l'oscar du meilleur second rôle féminin, et ça n'a pas fait de mal à sa carrière. Enfin, j'ai parlé avec des gens qui avaient connu Pollock : ils m'ont dit qu'ils étaient heureux que ce film existe. Propos recueillis par Frédéric Strauss

telerama.fr
Sa peinture
par



http://www.nga.gov/feature/pollock/


Pour mieu connaitre le peintre...
par



http://myclimatspainters.free.fr/pollock1.htm


5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€