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Errance
France | 2002| 1h35
Réalisation : Damien Odoul
Avec : Benoît Magimel, Laetitia Casta
Film en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Une histoire d'amour dramatique, dont l'action se situe en 1968 dans la région du Gévaudan. Jacques, la trentaine, conduit à vive allure sur une route escarpée. Il est ivre. Au même moment, dans un hôpital, Lou, sa femme, met au monde leur enfant, mais l'accouchement se passe mal...

Anecdotes
par

5e collaboration Cluzet / Trintignant Janis et John marque la cinquième collaboration de François Cluzet avec Marie Trintignant, les deux comédiens ayant auparavant été partenaires dans Une affaire de femmes (1988), la série Sueurs froides (id.), L'Instinct de l'ange (1993) et Les Apprentis (1995). Retrouvailles avec la famille Trintignant Pour son premier long métrage, Samuel Benchetrit retrouve Jean-Louis Trintignant et Marie Trintignant qu'il a déjà mis en scène au théâtre dans les pièces Poèmes à Lou (1999) et Comédie sur un quai de gare (2001). Samuel Benchetrit marié à Marie Trintignant A l'époque où Samuel Benchetrit a écrit le scénario du film, ce dernier vivait avec Marie Trintignant, son épouse à la ville. Le réalisateur confie : "Marie est à la base de tout. Elle est le personnage central de l'histoire." Un travail sur la chanson Pendant un an, Marie Trintignant a énormément travaillé la chanson pour réussir à interpréter Janis Joplin. Samuel Benchetrit se souvient : "A l'époque où j'ai rencontré Marie, il y a plus de dix ans, son rêve était d'interpréter le rôle d'une chanteuse. Je savais donc que le scénario l'amuserait. Je voulais l'amener vers quelque chose d'inhabituel pour elle, qui la révélerait sous un autre angle au public." Un film dédié à Marie Trintignant Samuel Benchetrit dédie ce film à son ancienne compagne Marie Trintignant : "J'avais encore beaucoup de choses à faire avec cette femme, elle était dans tous mes projets. Mes prochains films seront donc certainement très masculins. Nous avons vraiment fait ce film ensemble et je ressens une peine monstrueuse. Ma première réaction, lorsque j'ai appris ce qui s'était passé, a été d'annuler la sortie. Mais c'est Jean-Louis Trintignant lui-même qui a insisté pour qu'elle ait lieu comme prévu. C'est le film que devait découvrir Marie. Le montage est celui qui a toujours été prévu, avec le dernier plan où Marie est devant le ciel et nous regarde. Un de mes grands regrets est qu'elle n'ait pu voir mon premier film." La ressemblance avec Lennon François Cluzet a tout fait pour accentuer sa ressemblance avec Lennon. C'est lui qui a trouvé l'idée de faire parler son personnage en anglais. Convaincre Jean-Louis Trintignant Sachant que Jean-Louis Trintignant ne souhaitait plus tourner, Samuel Benchetrit ne lui a au départ pas proposé le rôle de Monsieur Cannon et a donc contacté un autre comédien. Quelque temps plus tard, lors d'un voyage en Italie avec Jean-Louis, Samuel lui a parlé du film et le sujet l'a emballé. "J'ai prié pour que l'autre acteur hésite ou refuse, un comble !" se souvient ce dernier. Christophe Lambert enthousiaste Samuel Benchetrit se souvient de sa rencontre avec Christophe Lambert : "Il était venu voir "Comédie sur un quai de gare" que j'avais écrit et que jouaient Marie et Jean-Louis. Nous avons dîné ensemble. Cette rencontre m'a confirmé ce que j'ai toujours pensé : il a un charisme insensé. On a parlé du rôle de Lennon, de celui de Léon. Il avait envie de tourner en France. J'ai tenu à lui expliquer qu'il s'agissait d'un troisième rôle dans un petit film, mais cela n'a rien entamé de son enthousiasme, il s'est entièrement prêté au jeu."

allocine.fr
La critique de Libération
par Didier PERON

«Errance» réactualise avec panache l'étude de moeurs à la Zola. Damien Odoul s'est fait remarquer en 2000 avec un film noir et blanc, le Souffle, l'après-midi de cuite à la campagne d'un jeune mec entouré d'une confrérie de soiffards rougeauds. Traversé de visions oniriques, le Souffle était un film assez bluffant réalisé avec des acteurs non-professionnels. Avec le temps, il est difficile de ne pas se souvenir du film comme possiblement piégé, d'une virtuosité peut-être factice. Ce second long métrage, Errance, précédé de rumeurs alarmistes que devait encore amplifier son recalage par les sélectionneurs cannois, pouvait a priori faire peur, avec en tête d'affiche l'improbable duo Lætitia Casta/Benoît Magimel. Casse-gueule. Comme quoi il ne faut jamais parler des films avant de les avoir vus : Errance se révèle un truc vraiment peu banal et, pour le critique chargé de descendre le cambouis dans la soute, la certitude de ne pouvoir remonter sur le pont les mains propres et la face enfarinée. Et si on recommande d'aller le voir, qu'on ne vienne pas nous reprocher d'avoir ruiné une soirée de week-end. Car le truc en question peut passer aux yeux du bon goût (ou du simple bon sens) pour une sorte de catastrophe nucléaire. On vient de plus d'apprendre qu'Odoul s'est enfermé dans un château avec Pierre Richard et Anna Mouglalis pour tourner le Déluge. Et il cite Hölderlin et Nietzsche. On peut ouvrir les paris sur la distance de plus en plus infime qui le sépare de la camisole de force. N'empêche, Errance est un film qui ne cesse de dessiner entre lui et le spectateur un champ magnétique tour à tour attirant et révulsif, une zone de turbulence que l'on peinait tant à ressentir dans Twenty Nine Palms de Bruno Dumont (Libération du 5 septembre). Ici cela crépite à chaque plan comme quelque chose d'impromptu, raté, risqué, casse-gueule, outrancier et fou. Si le Souffle était la relation ivre d'une première beuverie, Errance est l'histoire d'un couple avec enfant dans les années 70, qui voit ses rêves gangrenés par l'alcool. Lou accouche sous césarienne de son premier enfant, un garçon, César. Jacques débarque, murgé, à la maternité. Le couple quitte le pays du Gévaudan pour tenter un départ à zéro au bord de la Méditerranée. Vivant sur la plage dans une zone de pavillons en construction, Jacques et Lou continuent de vivre dans un étrange compagnonnage solitaire sous l'oeil de leur fils. Lui est devenu une outre à mauvaise bière. Lou, coiffée telle la Bardot du Mépris, assiste, entre attentisme et impuissance, à la crevaison de tous ses idéaux de bonheur enchanté au soleil post-68 d'une vie qu'on avait eu tort de croire enfin libérée. Les démons de la névrose et de l'autodestruction n'ont pas désarmé. Ca prend. Puisant au fond naturaliste de l'étude des moeurs prolo-dépravées à la Zola, Errance réactualise ce cliché par la franchise stylistique d'une mise en scène qui ne se laisse jamais oublier. Cet «esthétisme» croise la reconstitution seventies (pattes d'eph', ceinturon extralarge, DS et bigophone maousse) et de nombreuses audaces photographiques (Odoul signe le cadre, la chef op' s'appelle Pascale Granel), jouant des beautés zonardes du bord de mer ou de l'angoissante blancheur d'une chambre d'enfant d'un vide carcéral. La prestation hystérique de Yann Goven dans le rôle du soldat revenu dingue de la guerre d'Algérie, la tristesse de Lætitia Casta ou le charisme abîmé de Benoît Magimel, chacun semblant participer à un film autonome destiné à ne jamais s'assembler, tout cela prend. Il est difficile de ne pas penser que Damien Odoul raconte une histoire très intime. Et qu'il finisse par apparaître sous les traits d'un tueur torve réglant son compte au mauvais père ressemble à son aveu.

liberation.fr
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Art & Essai
Europa Cinéma
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p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€