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Oedipe roi (Edipo re)
Italie | 1967| 1h50
Réalisation : Pier Paolo Pasolini
Avec : Franco Citti, Alida Valli, Silvana Mangano, Carmelo Bene, Julian Beck
Version originale (italien) sous-titrée en français
    Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Dans une famille bourgeoise de Lombardie des années vingt, un enfant naît, Oedipe. Jaloux de l'amour que lui porte sa femme, son père l'abandonne.
Devenu adulte, Oedipe, ignorant sa véritable identité, tue son père et s'éprend de sa mère sans savoir qui elle est.


Pasolini Années 60
par

«Accatone» (1961) «Mamma Roma» (1962) «Comizi d'amore» (1964) «Uccellacci e uccellini» (1966) «oedipe roi» (1967) de Pier Paolo Pasolini. ome, le 3 mai 1962, 9 heures du matin. Pier Paolo Pasolini va tourner dans quelques heures les premiers plans de son deuxième film, Mamma Roma. Sur un magnétophone, dans sa cham bre, il tient une sorte de journal enregistré, aussi intime qu'il est prononcé à voix haute. «Je me souviens que l'année dernière, quand je devais tourner Accatone, et qu'il semblait que je ne puisse plus le faire, j'ai passé des nuits sans sommeil. Les seules de ma vie, car d'ordinaire je dors profondément, neuf heures de suite, en faisant des rêves très beaux. Au contraire, pendant cette période, j'ai fait des rêves terribles. Je rêvais du soleil en pleine nuit (en ayant conscience d'être en pleine nuit), un soleil radieux et superbe, d'autant plus macabre qu'il était radieux.» Le Soleil. Comme Accatone, Mamma Roma sera un film inondé de cette lumière archaïque, rurale, religieuse, qui éclaire comme un intouchable fantasme le sous-prolétariat que le poète met en scène. Soleil qui regarde les corps de Franco Citti ou de la Magnani. La Rome que filme Pasolini est le négatif de celle de la Dolce Vita. Elle ressemble au Caire, à Tunis, à Alger. C'est la Rome des faubourgs, toute cette partie logée derrière la gare centrale, ces bâtiments dont il aimait à rappeler qu'ils avaient été construits par les fascistes «comme des camps de concentration pour pauvres». Un monde laissé en l'état de friche préindustrielle, qui servait déjà de toile de fond à ses premiers romans. Un quartier qu'il finira par baptiser «le Giron du diable» dans Pétrole, livre monstre que son assassinat, en 1975, laissera inachevé. Ce sont donc à nouveaux cinq Pasolini qui ressortent cet été, après la Trilogie de la vie et Salo l'an passé, après l'intégrale de février à la Cinémathèque et la réédition de l'Evangile selon saint Matthieu, début juin. Cinq films réalisés sur une courte période de cinq ans, qui donnent l'illusion qu'il doit se dessiner là la silhouette cohérente, élégante, du «premier Pasolini». Autant prévenir tout de suite: il n'y a pas plus ennemis que ces cinq films-là. Autoportrait. La filmographie de Pasolini n'est faite que d'oeuvres qui se regardent en chiens de faïence. Non pas parce que chacune serait faite dans le remords de l'autre, mais précisément parce qu'elles constituent l'autoportrait d'un artiste dans le tourbillon théorique et politique des années 60. Pour s'en convaincre, on peut aller les revoir dans n'importe quel ordre. Mettre côte à côte Accatone, qui est comme un néoréalisme saccagé par la barbarie, et Des oiseaux petits et gros, réponse italienne à la modernité de Godard. S'amuser à comparer l'empathie biblique qui nimbe les tableaux de Mamma Roma à la sécheresse désertique d'oedipe roi : ce sont deux blues antinomiques. En cette année 2003, où l'on ne compte plus les tournages interrompus, annulés, en attente, ajournés sine die (c'est le cas du Brisseau, qui devait commencer lundi), on relit une fois encore ce journal intime d'un cinéaste au saut du lit, et on se dit, d'un ton exagérément crépusculaire, que ces Pasolini brillent plus que jamais comme des soleils en pleine nuit.

liberation.fr
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€