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Mamma Roma
Italie | 1962| 1h52
Réalisation : Pier Paolo Pasolini
Avec : Anna Magnani, Ettore Garofalo, Franco Citti, Luisa Loiano, Silvana Corsini
Version originale (italien) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Lorsque son souteneur se marie, Mamma Roma, prostituée vieillissante, abandonne son métier. Elle décide alors de récupérer son fils, Ettore, qu'elle avait laissé en pension pendant seize ans, et tente de reprendre une vie stable et de s'insérer dans une société plus conventionnelle.

Anecdotes ...
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Une nouvelle direction Pier Paolo Pasolini explique comment il a voulu avec Mamma Roma se démarquer de son précédent film Accattone : "Une des principales différences entre ce film et Accattone, c'est l'existence d'une conscience morale. Le personnage même d'Accattone vivait seul dans un monde fait de solitude. Accattone est également un film beaucoup plus statique que celui-ci. J'ai délibéremment filmé Mamma Roma comme je l'ai fait. Je voulais aussi que le montage soit plus rapide et tendu. L'attention accordée aux paysages, à cette périphérie de Rome, est directement déterminée par l'histoire. Alors que la vie d'Accattone se déroulait dans les bidonvilles de la ville, Mamma Roma vit dans le Rome des petits bourgeois, celui des logements municipaux. Cet environnement est nécessairement moins impressionnant visuellement." Musique Pier Paolo Pasolini décrit son utilisation de la musique pour Mamma Roma : Il y a un motif qui accompagne sans cesse l'amour à la fois délicat et teinté de perversion entre Ettore et Bruna. C'est le concert en D mineur de Vivaldi. Il y a un second motif qui revient constamment quand le destin se profile à travers les apparitions de Carmine. C'est le concerto en C majeur. Il y a finalement le motif de la mort qui accopagne la mort d'Ettore. La musique a donc ici une importance capitale même si elle est toujours subordonnée aux dialogues et aux images." Retirer le masque L'intention de Pier Paolo Pasolini en tournant Mamma Roma était de "retirer le masque de l'Italie et voir enfin son vrai visage" comme le cinéma avait déjà su le faire une première fois en 1945. Garolfo Ettore Garofalo qui joue le jeune adolescent du film était le jeune frère d'un ami de Pier Paolo Pasolini. le cinéaste le découvrit dans un restaurant où celui-ci travaillait et aurait déclaré : "Je l'ai trouvé l'autre nuit. c'était quelque chose de très beau comme trouver le dernier vers, le plus important, d'un poème, trouver la dernière rime." Pasolini finit alors son scénario qui ne lui demanda que trois semaines de travail autour de la personnalité de son futur acteur. Inspiration L'histoire de Mamma Roma aurait été partiellement inspirée au cinéaste par un fait divers qui s'était produit en 1961. Un jeune homme nommé Marcello Elisei aurait trouvé la mort dans une prison romaine cette année là. Un tournage difficile Le tournage de Mamma Roma a engendré plusieurs difficultés. Pier Paolo Pasolini ne s'entendait pas avec son actrice principale Anna Magnani. L'actrice souhaitait réciter ses textes dans la continuité afin que le dialogue soit plus naturel alors que le cinéaste voulait découper au maximum les scènes parlées lors du tournage. Une seconde difficulté apparut quand Franco Citti fut arrêté au milieu du tournage. Pasolini refusa de le remplacer et attendit qu'il sorte pour finir le film. Le tournage commença le 9 avril 1962. Le film fut fini à la fin du mois d'août de la même année. Références On retrouve dans Mamma Roma plusieurs références picturales. Par exemple, la scène du banquet au début du film est identique à celle peinte par Domenico Ghirlandajo pour le dernier repas du Christ. La seule différence vient du remplacement de Judas par des cochons. Le scandale A sa présentation au Festival du film de Venise où il reçut le Prix de la critique internationale, un policier porta plainte contre Mamma Roma pour obscénité. La copie anglaise du film fut coupée de 5 minutes par les censeurs et il faut attendre 1995 pour que le film soit distribué en salle aux Etats-Unis. Pier Paolo Pasolini fut personnellement attaqué par un jeune néo-fasciste lors de la première du film à Rome. Anna Magnani La réussite de Mamma Roma doit beaucoup à la performance d'Anna Magnani. L'actrice qui s'était déjà fait un nom grâce à ses rôles dans Rome ville ouverte (Roma, citta aperta) ou Le Carrosse d'or avait été tellement impressionnée par Accattone qu'elle insista auprès du producteur de Pier Paolo Pasolini pour tourner avec le cinéaste. Ce dernier écrivit Mamma Roma pour elle. Réalisme Pour être le plus réaliste possible, Pier Paolo Pasolini prit la décision de tourner en extérieur avec des acteurs pour la plupart non-professionnels.

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La critique de libération
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«Accatone» (1961) «Mamma Roma» (1962) «Comizi d'amore» (1964) «Uccellacci e uccellini» (1966) «oedipe roi» (1967) de Pier Paolo Pasolini. ome, le 3 mai 1962, 9 heures du matin. Pier Paolo Pasolini va tourner dans quelques heures les premiers plans de son deuxième film, Mamma Roma. Sur un magnétophone, dans sa cham bre, il tient une sorte de journal enregistré, aussi intime qu'il est prononcé à voix haute. «Je me souviens que l'année dernière, quand je devais tourner Accatone, et qu'il semblait que je ne puisse plus le faire, j'ai passé des nuits sans sommeil. Les seules de ma vie, car d'ordinaire je dors profondément, neuf heures de suite, en faisant des rêves très beaux. Au contraire, pendant cette période, j'ai fait des rêves terribles. Je rêvais du soleil en pleine nuit (en ayant conscience d'être en pleine nuit), un soleil radieux et superbe, d'autant plus macabre qu'il était radieux.» Le Soleil. Comme Accatone, Mamma Roma sera un film inondé de cette lumière archaïque, rurale, religieuse, qui éclaire comme un intouchable fantasme le sous-prolétariat que le poète met en scène. Soleil qui regarde les corps de Franco Citti ou de la Magnani. La Rome que filme Pasolini est le négatif de celle de la Dolce Vita. Elle ressemble au Caire, à Tunis, à Alger. C'est la Rome des faubourgs, toute cette partie logée derrière la gare centrale, ces bâtiments dont il aimait à rappeler qu'ils avaient été construits par les fascistes «comme des camps de concentration pour pauvres». Un monde laissé en l'état de friche préindustrielle, qui servait déjà de toile de fond à ses premiers romans. Un quartier qu'il finira par baptiser «le Giron du diable» dans Pétrole, livre monstre que son assassinat, en 1975, laissera inachevé. Ce sont donc à nouveaux cinq Pasolini qui ressortent cet été, après la Trilogie de la vie et Salo l'an passé, après l'intégrale de février à la Cinémathèque et la réédition de l'Evangile selon saint Matthieu, début juin. Cinq films réalisés sur une courte période de cinq ans, qui donnent l'illusion qu'il doit se dessiner là la silhouette cohérente, élégante, du «premier Pasolini». Autant prévenir tout de suite: il n'y a pas plus ennemis que ces cinq films-là. Autoportrait. La filmographie de Pasolini n'est faite que d'oeuvres qui se regardent en chiens de faïence. Non pas parce que chacune serait faite dans le remords de l'autre, mais précisément parce qu'elles constituent l'autoportrait d'un artiste dans le tourbillon théorique et politique des années 60. Pour s'en convaincre, on peut aller les revoir dans n'importe quel ordre. Mettre côte à côte Accatone, qui est comme un néoréalisme saccagé par la barbarie, et Des oiseaux petits et gros, réponse italienne à la modernité de Godard. S'amuser à comparer l'empathie biblique qui nimbe les tableaux de Mamma Roma à la sécheresse désertique d'oedipe roi : ce sont deux blues antinomiques. En cette année 2003, où l'on ne compte plus les tournages interrompus, annulés, en attente, ajournés sine die (c'est le cas du Brisseau, qui devait commencer lundi), on relit une fois encore ce journal intime d'un cinéaste au saut du lit, et on se dit, d'un ton exagérément crépusculaire, que ces Pasolini brillent plus que jamais comme des soleils en pleine nuit.

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p.ortega@cinemaleclub.com


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Tarif - 14ans : 4,50€