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    A la petite semaine
    France | 2003| 1h40
    Réalisation : Sam Karmann
    Avec : Gérard Lanvin, Jacques Gamblin, Clovis Cornillac, Julie Durand, Florence Pernel
    Film en français
      Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
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      rubrique 'INFORMATIONS'
    La première semaine de liberté de Jacques, qui vient de passer cinq ans derrière les barreaux, aux côtés de Francis, Didier, Camille et les autres, dans le petit monde des "débrouillards" du Saint-Ouen d'aujourdhui.

    La critique de Telerama
    par Pierre Murat

    Un ex-taulard veut raccrocher. Un rade, des potes un peu caves pour un polar chaleureux et drôle. Le Saint-Ouen de Sam Karmann ressemble au Belleville de jadis. Et Chez Roger, le bistrot où ses personnages passent et repassent, semble avoir été oublié par le temps. Dans les année 30, Gabin aurait pu y donner rendez-vous à une Mireille Balin qui l'aurait fait souffrir. Dans les années 50, Gilles Grangier y aurait tourné un polar. Et le Sautet des années 70 y aurait fait commander « un jour » ! et des coups de rouge à Vincent, François, Paul et les autres. C'est Chez Roger que débarque Jacques (Gérard Lanvin) après sa sortie de la « ratière ». Dernier séjour en prison, il se l'est juré. Les conneries, c'est plus son truc. Jacques aspire à une fin qui lui permettra de revivre une autre vie. En mieux : 50 ans, c'est pas la mort, après tout, juste un deuxième souffle. Chez Roger, il retrouve chacun à sa place. Denise la patronne, lui sourit toujours, blessures insaisissables derrière ses coupes de champagne. Le choeur antique est là, lui aussi : entre deux magouilles aux Puces, la Trompette, l'Enclume et le Moqueur jouent aux cartes ou au billard et rigolent du monde tel qu'il est avant de le refaire tel qu'il devrait être. Jacques revoit, surtout, Francis, son pote (Jacques Gamblin). Dix ans de moins que lui, et encore des rêves tout plein la tête, dont l'un est top secret : personne ne doit savoir qu'en compagnie de Camille (Julie Durand), la serveuse dont il est amoureux, Francis fait du théâtre. Tu parles qu'ils se foutraient de sa gueule, la Trompette, l'Enclume et le Moqueur, s'ils apprenaient qu'il joue du Tennessee Williams, du Corneille et du Marivaux. Francis préfère parler du fric que va lui rapporter un coup fumant dans lequel il a entraîné Didier (Clovis Cornillac) : un petit jeune qui cause beaucoup et ment pas mal pour masquer qu'il est un petit flambeur minable. Une planche pourrie en puissance. Personnages typés. Dialogues très écrits qui sentent bon l'argot d'hier et le ticket de métro de jadis (ceux d'aujourd'hui sont inodores). Le danger ­ on éprouve comme une crainte durant les dix premières minutes ­, c'est de voir Sam Karmann, piégé par sa nostalgie volontaire, aboutir à un film musée. Une conserve sous vide. Karmann a mesuré le risque, qu'il a su constamment éviter. Grâce à la chaleur goguenarde qui circule d'une scène à l'autre, la tendresse muette mais palpable qui lie tous les personnages jusque dans les bêtises qu'ils commettent, les échecs qu'ils subissent. Ça rigole, ça plaisante, ça fanfaronne tout le temps, mais l'inquiétude est là. La solitude, aussi, que le réalisateur saisit à petits traits, comme par inadvertance. Sur le versant léger de l'histoire, il filme Francis et sa mère (Liliane Rovère, extraordinaire de gouaille et de vérité), chez qui il loge faute d'argent. Entre deux réflexions bougonnes, elle contemple avec amour mais sans illusions son grand dadais quadragénaire. Sur le versant grave, il contemple Didier et sa jeune femme enceinte, lasse de devoir porter deux enfants en même temps. Comme dans tout bon polar, le destin se met en marche. Pas un grand destin tragique et massacreur. Un petit de rien du tout, pas méchant, que les personnages pourraient éviter s'ils avaient deux sous de jugeote. Ce que fera Jacques, d'ailleurs : face à l'amitié (et la taule), il choisira son deuxième souffle et la liberté. Mais allez donc parler jugeote à Francis et à Didier le flambeur... Francis a existé. Il y a quelques années, Désir Carré (c'est son nom) a fait de la prison, puis du théâtre. Il a changé de voie et de vie. Avec Sam Karmann, il a coécrit ce film, fidèle à ses souvenirs, et y a interprété un petit rôle, un membre du « choeur antique », la Trompette. Francis, si joliment interprété par Jacques Gamblin, est sûrement le plus touchant de tous ces paumés fragiles. Probablement parce qu'il sait, encore mieux que les autres, tisser entre la vie et lui des fils ténus dans lesquels il finit immanquablement par se prendre les pieds. Impossible de lui éviter la chute. Impossible de ne pas l'aider à se relever. Le film de Sam Karmann n'est fait que de ça : des plaies, des bosses et des rebonds. Des faux arrêts, de vrais départs. Pierre Murat

    telerama.fr
    5 salles classées
    Art & Essai
    Europa Cinéma
    Label Recherche
    Label Découverte

    p.ortega@cinemaleclub.com


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