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Le Mystère de la chambre jaune
France | 2003| 1h58
Réalisation : Bruno Podalydès
Avec : Denis Podalydès, Pierre Arditi, Sabine Azéma, Claude Rich, Olivier Gourmet
Film en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Le jeune reporter Joseph Rouletabille se lance aux trousses du meurtrier qui a tenté d'assassiner Mathilde, la fille du célèbre professeur Stangerson. Il se rend dans la "chambre jaune" du château du Glandier pour mener l'enquête. Qui est donc l'agresseur ? Et quel est son mobile ?

Le site officiel
par



http://www.allocine.fr/out.asp?redir=http%3A%2F%2Fwww%2Ewhynotproductions%2Efr%2F


L'avis de la Presse
par

Télérama - Frédéric Strauss Le pari du Mystère de la chambre jaune se révèle même très recherché: c'est un film où toute l'intrigue s'écrit avec la lumière. Comme chez les peintres. Les Inrockuptibles - Amélie Dubois Servi par des acteurs tous aussi parfaits les uns que les autres (...), Bruno Podalydès, tel Rouletabille, semble indéniablement avoir une fois de plus suivi "le bon bout de sa raison". Première - Nicolas Schaller L'étrange objet ressemble à du Blake Edwards scénarisé par Agatha Christie et produit par les frères Lumière. Sauf que c'est du Podalydès, l'un des rares labels comiques d'une irréprochable constance qualificative au sein du PCF (paysage cinématographique français). Le Parisien - Bérengère Adda La brochette d'acteurs est impressionnante, ils sont tous excellents et nous entraînent dans cette aventure au charme désuet et attachant. Figaroscope - Françoise Maupin Bruno Podalydès cultive délibérément l'aspect ludique et facétieux de l'histoire, met l'accent sur le côté désuet: demandant à ses acteurs, une bande formidable (...) une gestuelle très Belle Epoque, emphatique et incongrue. Le Figaro - Marie-Noëlle Tranchant On peut regretter cependant que le metteur en scène, si inventif, n'ait pas trouvé une résolution plus cinématographique de l'affaire (...) N'empêche: dans l'ensemble, le charme opère, grâce à une subtile alliance de précision de fondu, d'ingéniosité collective et de flou rêveur. Objectif Cinéma - Florence Pommery Le résultat: une intrigue envoûtante construite sur une mécanique délicate et bien huilée.

allocine.fr
La (très bonne) critique de Télérama
par Frédéric Strauss

Rouletabille est dans un château... Un ballet d'ombres ludique et lumineux signé Bruno Podalydès. N'est-elle pas poussiéreuse cette fameuse chambre jaune de Gaston Leroux ? Suspecte, au moins, d'être passée du côté des musées Grévin de la littérature. Mais pour Bruno Podalydès, qui se plaît à revisiter les standards de la culture populaire de manière spirituelle, elle n'a rien perdu de son éclat. Son adaptation s'aventure du côté de la bande dessinée, on s'y attendait (lire le reportage sur le tournage). Reporter au journal L'Epoque, le Rouletabille du cinéaste (joué par son frère, Denis Podalydès) a des airs de Tintin, et les personnages qu'il rencontre tout au long de son enquête sont croqués par des comédiens qui ont tout compris à l'esprit BD. Michael Lonsdale fait un excellent professeur Stangerson, savant quelque peu illuminé et premier témoin impuissant du mystère qui hante son château. Sa fille Mathilde, déjà un peu évaporée (Sabine Azéma, quasi muette, se pâme divinement), a été retrouvée à moitié assassinée dans la chambre à coucher jaune, où elle s'était enfermée. Personne n'a pu entrer, personne n'a pu sortir. Autour de ce casse-tête tournent un juge qui aime trop les mystères (Claude Rich), un inspecteur qui veut trop vite les dissiper (Pierre Arditi), un amoureux transi qui cherche à les entretenir (Olivier Gourmet), et un dindon qui glougloute mystérieusement... Voilà les ingrédients d'une comédie policière stylée. Mais le film de Podalydès a quelque chose en plus qu'on n'attendait pas, malgré le titre : du mystère. La référence à la bande dessinée, limpide, est loin de tout résumer. C'est l'oeuvre d'un plasticien nommé Fabien qui lance l'histoire : sortie d'une drôle de machine sculpture, une bille roule et se retrouve sur un petit train électrique qui la transporte à travers la campagne. Comme Rouletabille, qui arrive en train chez le professeur Stangerson. Sous le charme enfantin du jeu avec le nom du reporter perce un souci esthétique qui n'a rien de naïf. Le pari du Mystère de la chambre jaune se révèle même très recherché : c'est un film où toute l'intrigue s'écrit avec la lumière. Comme chez les peintres. La voiture qui amène Rouletabille au château est une autre machine symbolique : elle roule quand il y a du soleil et s'arrête quand un nuage le cache. Une enquête policière, ça avance quand on éclaire le mystère, et quand les choses restent obscures, ça piétine. En prenant au pied de la lettre cette logique somme toute élémentaire, Bruno Podalydès organise un spectacle étonnant. Cernée par la forêt, la demeure des Stangerson devient le décor d'un combat entre l'ombre et la lumière, le mensonge et la vérité. Les silhouettes noires des hommes de l'inspecteur Larsan se détachent sur un fond de ciel bleu, comme dans un tableau de Magritte. Bientôt, la nuit descend, une nuit aussi profonde que celle où Mathilde Stangerson fut presque tuée, et c'est le moment où tout se joue. La grande scène d'action du Mystère de la chambre jaune est un superbe ballet d'ombres. Il y a là une forme de radicalisme ludique mais jusqu'au-boutiste. Quand il se passe quelque chose, on ne sait pas ce qu'on voit, et, le reste du temps, les personnages commentent ce qui s'est peut-être passé et qu'ils n'ont pas vu. Comme dit Rouletabille, « c'est un très grand, très beau et très curieux mystère ». Cette volonté d'entrer dans la matière même de l'énigme, la nuit et ses jeux troubles avec le jour, est au fond moderne, même si ce mot ne l'est plus. Cela fait un mélange curieux et pas toujours facile avec une énigme rétro et bon enfant. Mais, dans ce film où se mêlent l'ancien et le nouveau, Bruno Podalydès réussit à faire se rencontrer sa vision très personnelle et le point de vue de beaucoup d'amateurs de romans policiers qui préfèrent, comme lui, le mystère à sa résolution. Quand Rouletabille aura révélé le nom du coupable, il restera donc une part d'obscurité. Et ce n'est pas déflorer le suspense que de livrer cette clef : Rouletabille se détache comme une ombre chinoise sur la lumière qu'il fait surgir. Le mystère, c'est lui. Frédéric Strauss

telerama.fr
La critique de Liberation
par

Bruno Podalydès affronte le difficile exercice d'adapter un roman d'enfance. Voici ce Gaston Leroux, lu mille fois à la bougie, que nous avions projeté, dans son décor de novembre, en film de vacances d'été. Le Mystère de la chambre jaune de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Pierre Arditi, Sabine Azéma, Olivier Gourmet... 1 h 58. «Le presbytère n'a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat.» Pourtant, le Mystère de la chambre jaune, tel que l'adapte aujourd'hui Bruno Podalydès, boitille. Oh, si légèrement que l'on pourrait feindre ne pas s'en apercevoir : de façade, tout est parfait et le costume tient tout seul. De mémoire, peu de films récents ont fait à ce point étalage d'un jeu d'acteurs si délectable mêlé à un réel parfum d'enfance retrouvé, Podalydès s'inscrivant, dans la descendance de son casting (le couple Azéma-Arditi), à la gauche d'Alain Res nais. Ce qui, lorsqu'on s'attaque à la perle du roman populaire français, est d'une intelligence totale ­ Resnais ayant toujours flirté avec cet univers, Fantômas par exemple. Moulinsart. Cette chambre jaune ressemble, pour les Podalydès, à la reconstitution de leur propre chambre d'enfant (Denis joue à Rouletabille et Bruno conduit les épisodes). Ils ont même cru bon, tant qu'à tutoyer le fil de leur propre histoire, de redoubler la silhouette du détective rouquin d'un autre enfant carotte en pantalon de golf : Tintin. Le décalage produit est séditieux, le pavillon-laboratoire des Sanderson père-fille (sorte de Pierre et Marie Curie 1911) se mettant à ressembler au château de Moulinsart. Ce Gaston Leroux, lu mille fois sous la bougie, que nous avions toujours projeté dans son décor de novembre (arbres nervaliens nus, brumes épaisses, humus sous le godillot...), s'est donc ici emparé du coloris bigarré qui sied tant au Belge du Petit Vingtième. Voici le Mystère de la chambre jaune en film de vacances d'été, avec un grand parc verdoyant et sous le soleil éclaboussant... On peut toujours reprocher à la critique de rêver les films à la place des metteurs en scène. Ici, vraiment, c'est inévitable, cela va dans le sens du projet : l'enfance convoquée du spectateur rivalise naturellement avec celle de l'équipe. A terme, il ne peut y avoir que de la déception : et on écrit noir sur blanc, comme pour s'en débarrasser, que, quant à nous, ce Mystère... on l'aurait vu moins ligne claire et plus Franju sombre. Ce qui, on s'en rend compte, vous fait une belle jambe. Freudisme. Un autre film est donc là, à sa place, et il faut se réjouir qu'il ait été confié à des amoureux du genre (tout comme on se réjouit de la présence géniale d'Olivier Gourmet dans le rôle du promis Robert Darzac), qui en bousculent l'ordonnance. Dommage qu'embarqués par la vitalité boulevardière assumée du ton, ils n'aient su montrer combien ce roman est le premier en France à avoir tricoté avec les mailles du freudisme. Or rien de cette tension psychanalytique n'existe. Sans doute Bruno Podalydès a-t-il voulu préserver l'effet de surprise, jouer le jeu jusqu'au bout, c'est-à-dire continuer de faire comme si personne ne se doutait de la solution. Comme quoi l'enfance, même ressurgie, est un éternel recommencement.

liberation.fr
La critique du Monde
par Jacques Mandelbaum

La quête facétieuse du personnage évanoui Cette nouvelle adaptation par Bruno Podalydès du chef-d'œuvre du roman populaire et du feuilleton policier du début du XXe siècle, où une jeune fille est victime d'une tentative d'assassinat dans un lieu clos, privilégie le saugrenu et la loufoquerie. Toute adaptation scelle une rencontre dont le caractère est rarement fortuit. Celle qu'inaugure ce Mystère de la chambre jaune met aux prises, à un siècle de distance, et de plaisante manière, l'écrivain Gaston Leroux et le cinéaste Bruno Podalydès. Soit, ici, l'un des grands maîtres du roman populaire, qui renouvelle le genre, au début du XXe siècle, en y introduisant les ressorts de l'énigme policière et signe, avec Le Mystère de la chambre jaune (paru en 1907 dans le journal L'Illustration), le premier épisode des aventures feuilletonesques de Joseph Rouletabille, promises à un fulgurant succès. Soit, là, l'un des principaux représentants (avec Lucas Belvaux et Pascal Bonitzer) du renouveau de la comédie d'auteur française, dont les films (Versailles rive gauche ; Voilà ; Dieu seul me voit...) ambitionnent de divertir le public, sans pour autant abdiquer ni la subtilité d'esprit ni l'intelligence du cinéma. Aux points communs que cette sommaire présentation peut d'ores et déjà suggérer entre les deux auteurs (la capacité à faire du neuf avec du vieux, la compatibilité revendiquée entre une certaine exigence esthétique et le pur plaisir de la fantaisie), s'ajoute la très fine intuition, par le cinéaste, des potentialités cinématographiques de ce roman. Sans doute n'est-il pas le premier à pouvoir en revendiquer le mérite, puisque pas moins que quatre réalisateurs l'ont déjà porté à l'écran, depuis Maurice Tourneur (1913) jusqu'à Henri Aisner (1948) en passant par Emile Chautard (1919) et Marcel L'Herbier (1931). La version Podalydès est, en revanche - en vertu de la situation et de l'ambition du cinéaste dans l'histoire de cet art -, la première à faire du récit de Gaston Leroux l'instrument d'une réflexion, aussi légère et enjouée fût-elle, sur le cinéma. Qu'est-ce en effet que ce mystère, sinon celui de la trace (sous forme de stigmates sanglants et charnels) d'une présence inexplicablement disparue - "nulle présence mais des traces", y entend-on notamment - soit une très plausible définition du cinéma ? Mathilde (Sabine Azéma, façon Dame aux camélias), la fille du professeur Stangerson (Michael Lonsdale, moitié hurluberlu tournesolien, moitié Homais de province), y est en effet victime d'une tentative d'assassinat dans la chambre jaune attenante au laboratoire de son père, sans que celui-ci, présent dans cette dernière pièce, ait constaté ni l'entrée ni la sortie de l'agresseur. Joseph Rouletabille (Denis Podalydès, Tintin survolté), jeune reporter plein d'ambition et de sagacité, se rend sur les lieux, où il va rivaliser d'ingéniosité avec le célèbre inspecteur Larsan (Pierre Arditi, entre Mandrake et François Mitterrand) afin de démêler, parmi une séquelle de suspects plus louches les uns que les autres (au premier rang desquels Robert Darzac, l'amant pathétique de Mathilde, auquel Olivier Gourmet prête une silhouette idéalement gauche), l'inconcevable écheveau de ce crime. CHAUSSE-TRAPES, FAUSSES PISTES L'action se déroule aux alentours des années 20 du siècle passé, confinée dans la demeure des Stangerson, quelque part dans la campagne française. La réussite de l'adaptation de Podalydès tient à plusieurs raisons. D'abord, la façon dont le cinéaste a su élaguer le récit original tout en conservant ses lignes de force, à commencer par son très efficace suspense. Ensuite, la performance d'une pléiade d'acteurs remarquables (citons, outre les susnommés, les excellents Claude Rich, Jean-Noël Brouté, Isabelle Candelier, Julos Beaucarne, et Dominique Parent), qui prennent un plaisir visible, et d'autant plus communicatif, à composer l'incestueuse galerie de bourgeois qui hantent ce roman populaire en vase clos (genre dans lequel la bourgeoisie, précisément, exorcise sa terreur du désordre social), lesquels se découvrent par la grâce du film, sous les auspices de la maniaquerie folâtre et de la parodie hystérique, une dimension burlesque tout à fait réjouissante. Là où un Claude Chabrol aurait tiré ce canevas vers une noirceur sardonique, Bruno Podalydès a quant à lui privilégié le saugrenu, la loufoquerie, et la plongée aux sources vives des origines. Déguisements, prestidigitation, chausse-trapes, fausses pistes, retournements de situations, freudisme de bazar, logique rationnelle, invraisemblances assumées et digressions facétieuses : tout concourt ici à évoquer l'impureté intrinsèque du cinéma sous l'influence conjuguée et hétéroclite du muet (façon Feuillade), de la bande dessinée (façon Hergé), du cinéma moderne (façon Resnais) ou du feuilleton télé (façon Brigades du Tigre). UN CREDO ESTHÉTIQUE Il n'est pas jusqu'à la présence récurrente, au cœur de ce sanglant mystère et des passions inavouables qu'il recèle, des absurdes et fascinants mécanismes de précision du professeur Stangerson (un mouvement initial qui déclenche une suite disparate de réactions en chaîne) qui ne contribue à désigner l'hétérogénéité constitutive du cinéma, sous les espèces d'un hybride artistique procédant à la fois du machinisme et de la chair, du positivisme et du romantisme, de l'écriture et de l'image, du déterminisme et du hasard. La séquence d'ouverture filmée en gros plan - une bille noire roulant dans un atelier le long de poutrelles d'acier et déclenchant le mouvement d'un train miniature qui finit par s'échapper sur des rails posés dans la nature - peut à cet égard être considérée à la fois comme un rébus malicieux (Rouletabille) et comme un credo esthétique (la science enfantine et magique du cinéma propulsée au cœur de l'énigme du monde). Sans doute peut-on regretter que le film, ainsi mis sur les rails, ne dévie plus d'un iota de sa route, en dépit d'une représentation délibérément troublée de la réalité que le cinéaste se plaît à faire varier selon le point de vue des personnages. L'illusion cinématographique, ostentatoirement assumée sans être remise pour autant en question, œuvre ici à une dénonciation classique des faux-semblants du monde. C'est en ce sens que l'enquête menée par ce grand enfant asexué de Rouletabille au plus vif des turpitudes humaines recoupe la conception, populaire et ambitieuse, du cinéma de Bruno Podalydès, comme quête du personnage évanoui et de l'innocence perdue. Jacques Mandelbaum

lemonde.fr
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€