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La chatte à deux têtes
France | 2002| 1h27
Réalisation : Jacques Nolot
Avec : Vittoria Scognamiglio, Jacques Nolot, Sébastien Viala, Olivier Torres, Lionel Goldstein
Version originale (VO) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Dans un cinéma porno hétérosexuel...
Une histoire d'amour entre la caissière du cinéma, un homme de cinquante ans et un projectionniste nettement plus jeune...

La caissière abusera de la naïveté du projectionniste pour séduire l'homme de cinquante ans...
Ce dernier se servira de la complicité de la caissière pour attirer le jeune projectionniste...

La caissière se racontera... On découvrira qu'elle est partie de chez elle à seize ans... Qu'elle s'est prostituée...
L'homme de cinquante ans, écrivain à ses heures, ancien gigolo, se livrera également avec humour...

A la découverte de deux vies, si différentes et si proches…


l'avis de la Presse
par

Les Inrockuptibles - Vincent Ostria Par cette théâtralisation du sexe clandestin et collectif, Nolot confère une grâce carnavalesque aux arrière-boutiques de la baise aveugle, qui ne sont pas que des défouloirs, mais des comédies humaines en miniature. Studio - Thomas Baurez Le décalage entre la crudité des ébats dans la salle et le monde plus doux qui s'agite autour de la caissière (...) donne toute sa force à ce film intimiste et finalement poétique. Libération - Philippe Azoury Confinée à une salle de cinéma porno, "la Chatte à deux têtes" est le deuxième long métrage, âcre et poignant, de l'acteur-cinéaste Jacques Nolot. Le Monde - Thomas Sotinel Plus que dans la provocation, c'est dans cette gaucherie que le cinéaste a placé l'essence de son film, il faut y voir le symptôme de la plus incurable des maladies, la souffrance que provoque le temps qui passe. Chronic'art - Grégoire Bénabent Noir, désabusé, mais plein d'humour et de justesse, La Chatte à deux têtes émeut bien plus qu'il ne choque... Monsieur Cinéma - Jean-Luc Brunet Un cinéma de l'intime, sulfureux, " choc " et dérangeant. Les Cahiers du Cinéma - Jean-Marc Lalanne C'est là, en sous-sol, dans cet arrière-pays de la sexualité, ce monde sous-marin filmé en longs travellings liquides, que La Chatte à deux têtes réussit ses plus beaux moments, sensuels et fluides. Première - Sophie Grassin Jacques Nolot rend aussi hommage à une génération décimée par le sida et s'expose dans un film très personnel et maîtrisé, que son courage rend formidablement touchant. L'Express - Eric Libiot Si les scènes entre les trois personnages émeuvent par leur simplicité, celles de la salle, à la limite de la complaisance, exaspèrent par leur redondance. Le film gagnerait en intensité à être remonté et raccourci.

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Anecdotes ...
par

Un film sur l'amour Jacques Nolot décrit son nouveau film comme une histoire d'amour : "il y a ce petit clin d'oeil en dérision, avec cette chanson d'amour "te quiero, te quiero, l'amor, l'amor". Beaucoup de ceux qui viennent là sont en manque d'amour. Je ne sais pas s'ils vont en trouver, mais il faut bien aller quelque part... C'est ce qui donne une dimension tragique à tous les personnages, elle est particulièrement forte chez l'homme de cinquante ans." Tournage Le tournage de La Chatte à deux têtes a eu lieu pendant trois semaines dans un ancien cinéma porno : le Merri, situé place de Clichy dans le 18ème arrondissement à Paris. Jacques Nolot le décrit comme "un lieu d'une grande gaieté, très fréquenté avant sa fermeture. J'y allais moi-même pour écrire. Les gens venaient en couple à l'époque, maintenant ils vont dans des clubs échangistes." Casting Jacques Nolot explique comment s'est formé le casting de son nouveau film, La Chatte à deux têtes :"Brigitte Moidon m'a présenté une cinquantaine d'acrices pour le rôle de la caissière, certaines étaient un peu trop actrices, d'autres un peu trop liftées... Enfin, j'ai rencontré Vittoria Scognamiglio, on l'a un peu vieillie pour le rôle. Je ne savais pas si elle avait le vécu de la caissière, mais elle a ce côté femme de la rue, un charme populaire. Quant à Sébastien Viala, qui tient le rôle du projectionniste, c'est un jeune rugbyman de Perpignan. Il s'est présenté tout seul pour le casting . Il avait la fraîcheur et l'accent du personnage... Il est très bien. Pour la figuration, je voulais des non professionnels, Jacques Grant m'a présenté deux cent personnes... Certains étaient choqués... d'autres venaient en couple et demandaient à leur femme l'autorisation de se faire tailler une pipe... La plupart voulaient montrer leur sexe, mais pas leur visage. Pour les travestis, il y a trois comédiens : Olivier Torres fait le travesti à la robe jaune, Frederic Longbois joue celui à l'éventail, et Lionel Goldstein l'homme à l'imper noir. Carole, le travesti nu en sous-vêtements féminin est un ami. Au début, il avait peur, puis il m'a dit, "tu peux faire ce que tu veux de moi..." Ainsi que Fouad, l'homme qui a eu sa dose. Tous les figurants ont été formidables, j'ai tenu à les mentionner au générique. Avant chaque prise, je leur parlais très gentiment comme un père, un frère, une mère, ou un psy." Un ballet Jacques Nolot revient sur sa façon de diriger les mouvements de ses comédiens : "J'ai beaucoup pensé à la chorégraphie d'un ballet, des gens qui se lèvent à un moment, un qui s'assoit, d'autres qui partent, c'était très calculé. Les figurants étaient disponibles, moi, j'avais peur. Ce tournage a été un moment fabuleux de rencontre, mais extrêmement épuisant." Une approche sensuelle Jacques Nolot revient sur ses appréhensions à filmer des scènes de sexe : "Ce film me faisait peur. C'est très difficile de filmer le sexe. Je ne voulais pas de plans fixes, la caméra, toujours, effleure, glisse, et passe sur les corps comme quelque chose de sensuel, d'un peu érotique. J'ai essayé d'être le plus simple possible. Pas de gros plan, on verra ce qu'on verra, et ce qu'on en retiendra." Des dialogues crus Jacques Nolot, également scénariste du film, a écrit des dialogues plutôt crus : "J'écoute beaucoup la rue, et j'écris comme je parle. Je ne sais pas faire autrement. Mon écoute, ma lucidité, mon regard sur les autres me donnent sans doute plus d'acuité dans les dialogues, et de générosité dans ma façon de filmer." Un film de survivants Avec La Chatte à deux têtes, Jacques Nolot traite d'une génération qui a connu les années Sida : "Ce sont des survivants. C'est pour cela que je me suis senti un peu obligé de parler du Sida. Je ne pouvais pas me permettre de parler de sexe de façon aussi claire, aussi triviale et directe, sans évoquer le sida qui est une catastrophe pour cette génération qui a vu disparaître de nombreux amis." Jacques Nolot sur son personnage féminin C'est une "femme libre, exactement comme mon personnage, mais au féminin. La référence, c'est moi! Il y a aussi de ma propre vie dans ce personnage. Je suis partout, c'est affreux!" Un lieu d'hommes Jacques Nolot évoque les personnages que l'on trouve dans le cinéma porno : "On y rencontre des hommes de tous âges, de toutes nationalités, de toutes catégories sociales. Des travestis, des homos, des hétéros, qui peuvent se libérer de leurs frustrations, de leurs refoulements. Ici c'est l'inconnu, c'est vite fait, au revoir et merci! Les mêmes qui dehors cassent du pédé viennent se faire travesti. On y voit aussi des gens seuls, âgés, avec leurs fantasmes, qui n'ont droit à rien... Je voulais parler de cette solitude, de l'excitation du lieu, de la drague, du refus, qui font aussi partie du jeu. Mon personnage, l'homme de cinquante ans, dit à un moment : "J'ai beaucoup d'angoisse, et étrangement quand j'arrive là, je me sens bien."" Deux espaces La Chatte à deux têtes est partagé entre deux espaces, le premier en haut autour de la caisse, le second en bas dans la salle de cinéma. Jacques Nolot revient sur cette dichotomie : "En haut, il y a la vie, le bruit de la rue, c'est le lieu où l'on cause, où l'on voit le visage des gens. En bas, dans le noir, c'est le silence, chacun vit sa propre histoire, ou ses frustrations. Mon personnage fait le lien entre le haut et le bas." La chatte à deux têtes Jacques Nolot évoque la genèse du titre du film : "ce titre est venu il y a trente ans, lors d'une improvisation. Je faisais partie de la troupe de Didier Flamand pour la création de "prends bien garde aux Zeppelins", on avait improvisé une scène où je jouais un metteur en scène face à un acteur de porno. Je trouve que ce titre illustre bien la lâcheté des hommes, l'hypocrisie de leur regard sur le sexe du travesti. La chatte à deux têtes, c'est le rectum et la chatte. J'ai beaucoup de problèmes avec les hommes. Malgré le temps, les problèmes sont toujours là, l'enfance, le rugby, etc. Tout ce que j'évoquais dans L' Arriere-pays, mon premier film." Genèse du projet Jacques Nolot raconte la genèse de son nouveau film, La Chatte à deux têtes : "Au départ, ce devait être une nouvelle, une lettre adressée après sa disparition à Saïd, mon fils adoptif. Pour évacuer la douleur, j'ai continué à écrire des textes. Une idée s'est précisée autour d'un homme seul qui fréquente les cinémas pornos. Je me suis fait plaisir en écrivant des mots avec une musique assez triviale sur tout ce qui me travaillait, sur mes amertumes, mes frustrations. J'ai alors pensé en faire une pièce de théâtre. Jean-Michel Ribes était intéressé, mais on s'est vite aperçu que ce n'était pas possible d'avoir un budget suffisant pour réunir une cinquantaine de figurants sur une scène pendant plusieurs mois. Et puis, pourraient-ils garder leur sérieux pour se draguer, se sucer, s'enculer tous les soirs! On a laissé tomber. Plus tard, Pauline Duhault qui a produit Jeanne et le garcon formidable, et Le Cafe de la plage dont je suis l'interprète, a lu ce texte. Elle m'a encouragé à en faire un long métrage." Deuxième long métrage La Chatte à deux têtes est le deuxième long métrage de l'acteur, scénariste et réalisateur Jacques Nolot. Il occupe à nouveau les trois fonctions ici. Le film a été présenté en sélection officielle à Cannes en 2002 dans la catégorie "Un Certain regard".

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Le réalisateur
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Réalisateur, Acteur, Scénariste français Jacques Nolot arrive à Paris à 17 ans sans diplômes pour vendre des légumes. Deux ans plus tard, il s'inscrit dans un cours d'art dramatique qui lui permet de faire de nombreuses rencontres dont celle déterminante d'André Techiné. Avant d'apparaître dans Hôtel des Ameriques en 1981, Jacques Nolot fait une petite apparition dans Molière et Charlots contre Dracula. Sa collaboration avec Techiné se poursuit dans les années qui suivent. En 1983, le cinéaste adapte une de ses pièces pour tourner un moyen-métrage, La Matiouette (ou l'Arriere pays), pour lequel il lui offre le rôle principal. Jacques Nolot fait ainsi des apparitions dans Rendez-vous (1984), Le Lieu du crime (1985), Les Innocents (1987), Les Roseaux sauvages (1993) et Ma saison preferee (1994). En 1991, André Techiné s'inspire d'un récit autobiographique de son ami pour écrire le scénario de J'embrasse pas. La carrière de Jacques Nolot est ainsi marquée de rencontres. Il collabore deux fois avec Patrice Leconte, Danièle Dubroux, Claire Denis et Paul Vecchiali, signant même le scénario du Cafe des jules mis en scène en 1988 par ce dernier. L'acteur est le plus souvent relégué dans des rôles secondaires dont il se fait une spécialité. On le retrouve chez différentes générations de cinéastes comme Jean Becker, Jacques Demy, Noémie Lvovsky, Luc Moullet ou François Ozon. En 1986, l'insistance de son entourage et notamment d'Agnès Godard le pousse à passer à la mise en scène. Il tourne le court métrage Manege. Il faut alors attendre onze ans pour le voir passer au long avec L' Arriere-pays, récit autobiographique autour de son retour au village natal au moment de la mort de sa mère. En 2002, il poursuit l'aventure avec La Chatte à deux têtes, une histoire d'amour entre une caissière de cinéma porno et un vieil homme âgé de 50 ans.

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L'article de Libération
par Philippe AZOURY

l est dans la nature des coïncidences de tomber à point. La Chatte à deux têtes, second film de Jacques Nolot, sort six jours après le rendu officiel du rapport Kriegel sur la violence et la pornographie à la télévision (Libération du 15 novembre), qui, sous couvert de croisade pour nettoyer le bocal télévisuel de ses influences néfastes sur la petite enfance, propose rien moins que de refroidir l'aquarium cinématographique de ses plus chauds courants. Le cinéma français étant économiquement pieds et poings liés au bon vouloir des chaînes, c'est par conséquent tout le contenu des films qui se retrouverait soumis à telle censure. La télévision, pour qui un film n'est un programme rentable que s'il est diffusable à un horaire décent, serait ainsi amenée à demander aux cinéastes de revoir leur copie pour qu'elle n'effarouche pas trop les prépubères (et surtout ceux qui vont juger de ce qui leur convient), sinon le robinet se couperait immédiatement. Film-lettre. La réponse appropriée à cette épuration tient en une heure vingt-sept d'un film à la sérénité fière. Il y a un an et demi, aucune télévision n'avait voulu entendre parler de la Chatte à deux têtes parce que son réalisateur, l'acteur Jacques Nolot, scénariste de Téchiné, auteur en 1998 d'un premier film autobiographique splendide, l'Arrière-Pays, avait choisi de s'en tenir à un décor unique : une salle porno de quartier. La Chatte à deux têtes est pourtant ce film que télévision et cinéma devraient prendre en exemple : ce film absolument personnel a vu sa position de pestiféré transformée en modèle du genre depuis sa sélection à Cannes (Un certain regard, Libération du 22 mai 2002) et le succès critique unanime qui s'ensuivit. En dépit du manque de moyens avec lequel le projet de Nolot se fit (mais jamais le film ne semble manquer de rien à l'écran), il fait désormais figure d'un idéal de liberté. L'existence d'un tel film dessine un horizon mature et instinctif, tel un pied de nez à l'infantilisation morale qu'espèrent certains. Film adulte, au sens où il est contradictoire, tout à la fois âcre et poignant, et film-lettre envoyé à son spectateur depuis l'endroit même où le cinéma habite. Du fait de sa disposition, de son décor et de ses souvenirs, la Chatte à deux têtes est un contrechamp général : il retourne sa caméra sur la salle, regarde le cinéma dans le dos, croise le spectateur dans le blanc des yeux, réfléchit la fonction du cinéma comme son opération, nous éclaire de son enseignement, celui d'un homme qui a investi dans l'obscurité une large partie du temps de sa vie, sait que cette salle n'est pour beaucoup qu'un abri et la fiction qui s'y déroule sur l'écran, un alibi. Du coup, en plus d'avoir deux têtes, la Chatte... a deux centres de gravité : dehors/dedans. Dehors, c'est la caisse, devant laquelle «ils» passent, spectateurs hétéro «en principe», gitons, travelos, sous les yeux de Sainte-putain-la-caissière (Vittoria Scognamiglio), qui en pince pour un habitué (Nolot lui-même), connaisseur des us et coutumes d'une salle qui tient plus d'une halle, d'un hall où l'on passe, où l'on fait la passe, de rang en rang, où l'on «coulisse», où les numéros érotiques et humains s'enchaînent comme pris dans un tourniquet. Nolot passe presque autant de temps en ce rez-de-chaussée où il a trouvé un jeune projectionniste du Sud-Ouest, de son arrière-pays (Sébastien Viala). Tourné au Merri. En dessous, c'est l'arrière-monde, la permanence du désir, la communauté qui vient. Qui vient dans la bouche, qui vient dans la main. Pleine de demandes d'amour qui font taches. Sur les sièges, sur l'écran. C'est un film en costumes, en fichus, moins ceux des travelos que ceux d'une époque révolue. Nolot a tourné au Merri, place Clichy, un porno fermé depuis cinq ans. Et, dans un même mouvement de poignet, évoque les années fastes de la Scala et ses murs matelassés de foutre, ces cinoches-éponges où Nolot, longtemps, passait ses après-midi à écrire. Lorsque le film se referme, sur un travelling caressant une salle dévastée, on repense à Proust qui, dans le Temps retrouvé, reprochait au cinéma de ne pas s'approcher assez de la réalité, de ne savoir recueillir que le «déchet de l'expérience». Il ne reste qu'une salle porno à Paris, le Beverley, sur les grands boulevards.

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5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€